La Haute Ecole de Gestion forme les entrepreneurs de demain

VincentPignon_blog

La Haute Ecole de Gestion forme les entrepreneurs de demain

Il aurait pu être le CEO d’une grande multinationale, mais il a choisi l’univers innovant des start-up. Il aurait pu aussi faire carrière au cinéma (une ressemblance avec un certain Jeremy Irons…) mais il a opté pour le monde académique. Et davantage. Car Vincent Pignon, c’est le « IT-ENTREPRENEUR » du moment. A l’initiative de la Swiss Crowdfunding Association, quand il ne parle pas en conférence TEDx, il vient de prendre la direction d’études du tout nouveau programme de la HEG Genève, le CAS Création d’entreprise – Entrepreneuriat. Pragmatique et homme de terrain, il nous parle avec beaucoup de passion et d’humilité du parcours de l’entrepreneur ô combien stimulant (mais non sans obstacles !). Pour un partage « d’expérience entrepreneuriale », lisez-vite son interview !

Bonjour Vincent, pourriez-vous vous présenter et nous dire quel a été votre parcours avant d’arriver à la HEG ?

J’ai un double parcours. Tout d’abord académique où j’ai débuté par un doctorat, ce qui m’a amené à devenir membre du corps professoral de la HEG (Haute Ecole de gestion de Genève) il y a bientôt 6 ans. Et en parallèle, un parcours entrepreneurial qui m’a amené à créer 3 start-up ce qui me donne une bonne vision de ce qu’il faut faire et pas faire lorsque l’on crée son entreprise !

Prendre la direction du CAS Création d’entreprise – Entrepreneuriat s’est fait tout naturellement car la HEG Genève ne disposait pas encore de formation dédiée.

“Le programme s’est construit en collaboration avec l’écosystème local pour répondre à la fois aux nouveaux besoins des entrepreneurs, et surtout leur permettre d’éviter les erreurs liées aux échecs (et il y en a beaucoup!) de la création d’entreprise. Un des objectifs majeurs de la formation c’est justement de pouvoir les anticiper!”

Dans le cadre de cette direction j’ai souhaité associer très vite un co-directeur qui est Jérôme Favoulet, le directeur de la FONDETEC (Organisme de financement de la ville de Genève), un acteur important de l’écosystème local dans le financement des entreprises.

Pourriez-vous nous parler du rôle de la HEG Genève, de ses missions et des grandes tendances que l’on voit apparaître en matière de formation?

La HES-SO Genève (Haute Ecole Spécialisée) comprend 6 écoles à Genève. La HEG dispose quant à elle de 4 filières :

  • Une filière en Informatique de gestion qui forme des informaticiens.
  • Une filière en International Business Management qui est 100% dispensée en Anglais.
  • Une filière en Information Documentaire qui permet de devenir un spécialiste de la recherche et de l’organisation de l’information.
  • Une filière en Economie d’entreprise qui permet de développer les qualités d’entrepreneur qui ouvriront les portes pour réaliser des projets.

L’offre de formation de la HEG à ce niveau est à la fois variée et pointue pour permettre de développer le champ de compétences le plus approprié dans la poursuite de sa carrière et de ses ambitions.

Le CAS (Certificate of Advanced Studies) Création d’entreprise – Entrepreneuriat est une formation qui permet de développer une qualification professionnelle, d’une durée de 6 mois, représentant 20 jours de cours et validée par des crédits ECTS (Uniformisation au niveau européen).

Les 2 grandes tendances que l’on voit se dessiner illustrent bien les nouveaux besoins :

C’est pourquoi nous avons créé le CAS Digital Transformation for Business afin de former des dirigeants d’entreprise à appréhender les changements liés au numérique.

Et le CAS Création d’entreprise – Entrepreunariat qui est cœur du renouvellement économique de notre société. Cette formation propose un socle de base pour pouvoir se préparer avant de se lancer, bien maîtriser les processus pendant la création et développer et pérenniser son entreprise après la création. Ce sont ces 3 grands modules qui composent notre programme et qui s’articulent autour des 3 moments clés de la création d’entreprise :

  • Avant: cette période aborde l’Idéation (passer de l’idée au projet)
  • Pendant: cette phase traite des aspects juridiques, financiers, contrats de travail etc.
  • Après: enfin nous nous focalisons sur la pérennisation de l’entreprise, son financement, sa croissance, etc.

Le calendrier détaillé du CAS est disponible ici.

Pensez-vous que l’on soit tous destinés à devenir entrepreneurs ?

“Nous considérons que devenir entrepreneur, c’est plus qu’un métier, c’est un mode de vie! Mais entreprendre n’est pas inné, le taux de survie est de 50% à 5 ans et 80% des erreurs peuvent être évitées! ”

Le CAS Création d’entreprise a pour objectif de donner les outils nécessaires au succès d’une création d’entreprise. Ce que l’on a voulu créer avec le CAS c’est une formation élaborée par les entrepreneurs pour les entrepreneurs. Cette formation permet d’apprendre l’ensemble des connaissances nécessaires pour créer une entreprise viable. Les savoir-être et savoir-faire seront directement opérationnels.

Pour ce faire, nous avons regroupé tous les acteurs locaux (FER Genève, GENILEM, FONDETEC, FONGIT, CTI, Nomads Foundation) qui constituent le comité scientifique et qui a pour vocation de valider le cursus et les intervenants, eux aussi entrepreneurs locaux gèrent le programme. Ils vont à la fois nous apporter leur expérience et leur savoir-faire.

Le CAS propose également des heures dédiées au coaching durant lesquelles les participants passent du temps sur l’avancement de leur projet.

L’autre spécificité c’est, que parmi les participants, nous avons aussi des accompagnants (Coachs). L’idée est de pouvoir professionnaliser, d’instaurer une base commune et un diplôme certifiant à tous les acteurs de l’écosystème. Ce qui permet d’harmoniser les pratiques pour des participants qui reçoivent la même formation.

Comment s’organise la formation du CAS?

On commence le Hackathon sur deux jours avec les organisateurs des startups week-end. L’objectif est de disposer de 48 heures pour monter un projet à partir d’une idée !

Durant ces deux jours, les participants apprendront à pitcher leur idée et ils la présenteront le samedi  soir à un jury composé d’experts. Ce sera aussi une première opportunité de travailler en équipe.

“Si on se concentre trop sur l’idée, on peut passer des années à trouver LA bonne idée. En réalité ce n’est pas cela qui a le plus de valeur, c’est l’exécution derrière.”

Le rythme est intense !

La formation s’étend sur 6 mois, le vendredi toute la journée (8 :30-18 :30) ce qui laisse la flexibilité de travailler toute la semaine. Les participants travaillent sur leur projet et ont la possibilité de suivre une entreprise en création pendant la durée du CAS. Nous avons dans la formation de futurs entrepreneurs et de futurs accompagnants. L’objectif est de pouvoir les mélanger pour créer des échanges entre eux afin qu’ils se familiarisent et s’enrichissent mutuellement. Des objectifs différents mais avec un même cursus!

On peut venir suivre cette formation module par module en fonction de l’étape d’avancement de son projet ou de ses besoins. Les crédits ECTS peuvent être délivrés par module ou sur l’ensemble de la formation suivie. A postériori les participants pourront suivre la formation dans l’ordre qui leur plaît !

C’est pas un peu désuet le Business Plan?

Le Business Plan intervient durant le module 2 où nous enseignons comment aller chercher du financement pour commencer à entrer dans un monde un peu plus organisé. Le module 1 est destiné à la Création et au  Design Thinking, nous n’abordons pas de question métaphysique sur le prévisionnel financier. Nous parlons de Business Model mais on ne parle pas de Business Plan à ce stade!

“C’est catastrophique lorsque le Business Plan arrive trop tôt. Cela bride le créateur! Dans une phase itérative de lancement c’est primordial, mais par la suite il faut pouvoir présenter des éléments structurés.”

 

Finalement le partenariat avec l’espace de coworking Voisins, cela coulait de source non?

Très naturellement, avec Kaspar, directeur de Voisins, nous avons trouvé un  intérêt fort à collaborer. 

“L’idée étant de proposer à nos participants un lieu convivial dans lequel ils puissent échanger et pour la HEG Genève de former les futurs porteurs de projet déjà membres de Voisins.”

Selon vous, doit-on faire une distinction entre “Entrepreneur et Créateur d’Entreprise”?

C’est une bonne question! Et dans la formation, nous aurons des créateurs d’entreprises, des employé-e-s avec un projet de création d’entreprise, en reconversions ou anciens cadres, des métiers en lien avec la création d’entreprise (coachs, etc.), des jeunes diplômé-e-s et des intrapreneurs.

Il est vrai que les enjeux sont différents. Un intra-preneur notamment va bénéficier de l’infrastructure d’une entreprise et être soutenu dans la gestion du projet. Alors qu’un créateur d’entreprise doit tout mettre en œuvre, ce qui nécessite davantage de combativité, de motivation mais aussi de compétences.

On parle de plus en plus des entreprises réseaux, cela devient un véritable noyau de compétences. “L’entrepreneur doit prendre conscience de sa proposition de valeur sur le marché, tout en étant capable de discerner les tâches qu’il doit internaliser ou s’il doit recruter.”

Quelle est la valeur ajoutée du CAS par rapport aux autres formations existantes sur le marché?

Sur le marché il y a 2 principales formations. L’université de Genève propose un “Executive MBA”, une formation longue plutôt destinée à des managers. Le CAS se veut applicatif et pragmatique! Le CTI dispose également d’un programme entrepreneurial mais il s’adresse à des startups technologiques.  Il est uniquement en anglais.

La volonté d’assurer une formation en Français vient d’un réel besoin identifié des entrepreneurs. En effet, les créateurs d’entreprises souhaitent dans un premier temps tester leur marché localement.

Selon vous, l’entrepreunariat c’est une tendance qui va perdurer?

“La révolution numérique et l’éclatement des grandes entreprises amènent de plus en plus d’entreprises à faire le choix de l’indépendance avec des pôles de compétences qui sont notamment en train de se créer autour des espaces de coworking.”

Pour le coup nous sommes pleinement dans ce que l’on appelle le Brain Réseau où des personnes disposent d’un savoir-faire (mais ils ne sont pas dans une entreprise!) et qui vont pouvoir apporter de la valeur à des projets en fonction des besoins.  C’est du sur-mesure et cette tendance va s’accentuer, malheureusement ou heureusement! La révolution numérique va continuer d’évoluer avec des impacts professionnels très importants mais aussi sociaux qu’il va falloir appréhender. Cela devrait d’ailleurs être une nécessité dans le cadre des politiques locales que de pouvoir accompagner, gérer et pérenniser la création d’entreprise, parce que le parcours de l’entrepreneur est semé d’obstacles (et beaucoup échouent!). Cette situation peut s’avérer douloureuse en cas d’échec.

Pour autant, si l’on considère l’engouement des Fuckup night sur le sujet, l’échec entre dans le processus d’apprentissage. Il faut juste être capable de capitaliser sur ses échecs, et ne pas être étiqueté comme « Celui qui a échoué ». Il y a une dé-stigmatisation de l’échec. L’entreprenariat devient un état d’esprit que tout le monde devrait adopter, c’est indispensable. D’ailleurs le canton de Genève, la Ville de Lausanne et les écoles privées donnent le mindset entrepreneurial aux enfants comme Graines d’entrepreneurs. On éduque les enfants pour les préparer très tôt à être entrepreneur, à savoir jauger, prendre ses responsabilités, et des décisions.

Votre mantra entrepreneurial?

“Le seul mantra que je pourrai donner c’est que chacun d’entre nous doit devenir entrepreneur de sa propre vie et que cette formation apprend aussi cet état d’esprit et cette façon de réfléchir, que l’on soit salarié, intra-preneur ou entrepreneur!”

 

Voir le site du CAS de la HEG.

Interview réalisée par laparenthesedigitale.com

 

Pas de commentaire

Désolé, le formulaire de commentaire est fermé pour le moment.